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L’analyse presse : La marge de la grande distribution
Il est question d’un problème récurent : les importantes marges générées par la grande distribution, souvent sur des produits de première nécessité : lait, beurre, yaourts, viande, fruits et légumes. Le lien entre ces deux articles, c’est la difficulté des agriculteurs à qui on demande toujours plus de production face à ces marges qui ne leur sont pas répercutées.
Voici l’article de l’express :
Un an après la mise en place de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, Philippe Chalmin, économiste tire les conclusions d’un premier rapport.
La grande distribution fait d’importantes marges sur des produits comme le lait, la viande ou encore les fruits et les légumes, selon un rapport publié lundi qui bute encore sur les profits réels réalisés par les distributeurs.
« Les marges brutes de la grande distribution ont tendance à augmenter », affirme l’économiste Philippe Chalmin, président de l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires.
Ce dernier souligne que le rapport s’est attaché à établir la marge brute des distributeurs et non pas leur marge nette, faute de disposer des informations nécessaires.
Pour arriver à la marge nette il faut retrancher les charges comme les salaires, le transport, les impôts, les déperditions de marchandises.
Premier rapport de l’Observatoire
C’est le premier rapport de cet organisme, créé en 2010 par la Loi de Modernisation de l’Agriculture et de la Pêche et dont la mission est de décortiquer la formation des prix alimentaires.
L’objectif est de mieux savoir comment se répartissent les marges, une demande pressante du monde agricole qui se sent lésé dans la répartition de la valeur ajoutée.
« Suivant les produits alimentaires, la marge brute de la grande distribution évolue entre 30 et 50% », a déclaré Philippe Chalmin lors d’une conférence de presse.
L’économiste cite l’exemple du jambon sous cellophane sur lequel la grande distribution réalise une marge brute d’environ 45%.Sur le lait UHT, le beurre en plaquette et l’emmental, la marge brute de la grande distribution a doublé en 10 ans, a encore souligné Philippe Chalmin. En revanche, la marge a tendance à diminuer sur des produits comme le yaourt, a-t-il ajouté.
« Nous avons besoin d’aller plus loin dans la compréhension de certains chiffres qui peuvent paraître relativement élevés », a-t-il reconnu, demandant « plus de transparence » de la part des distributeurs. Et ce d’autant que les agriculteurs sont « rarement rémunérés », y compris avec les aides nationales et européennes, à hauteur du travail réalisé, a-t-il encore souligné.
« Une triste vérité » pour les agriculteurs
Ce rapport « demande à être complété par des informations précises données par la grande distribution, mais il est d’ores et déjà suffisant pour montrer la triste vérité des relations commerciales dans notre pays« , selon un communiqué de la Fédération nationale des Syndicats d’Exploitants agricoles, premier syndicat agricole français.
Les distributeurs se sont dit « tout à fait prêts » à communiquer les données pour arriver à la marge nette. »Nous avions besoin d’engagements de confidentialité (…) et ces engagements ne nous ont pas été donnés à temps mais pour le prochain rapport, il y aura l’ensemble des éléments », a affirmé Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution.
CLCV, association nationale de consommateurs et usagers, a réitéré pour sa part son souhait de voir étudier les marges nettes « pour éclairer de façon plus objective le partage de la valeur ».
L’original de l’article sur : http://www.lexpress.fr/actualite/economie/la-marge-de-la-grande-distribution-entre-30-et-50_1006868.html
L’article du Télégramme par Yves Drévillon :
Crise ou pas crise, la distribution se fait des marges brutes «confortables et constantes» sur les aliments, au détriment des agriculteurs. C’est, en substance, la conclusion du rapport de l’Observatoire des prix et des marges alimentaires.
La grande distribution sur le gril. L’Observatoire a planché sur les dix années écoulées pour connaître l’évolution des prix alimentaires, du champ à la fourchette. Selon le rapport, diligenté par l’économiste Philippe Chalmin, la grande distribution, accusée de faire grimper les prix, se taillerait la part du lion en matière de marges brutes. De leur côté, les agriculteurs seraient les grands perdants, faute de filière organisée et unie. Tout comme les petites entreprises, ils pèsent peu face au rouleau compresseur de la grande distribution.
Le producteur perd du pouvoir. Parmi les exemples, citons la longe de porc: la part du distributeur est passée en 10 ans de 39 % à 55 %, celle de l’éleveur de 45 % à 36 %. Celle de l’abatteur a régressé de 11 % à 8,8 %. Concernant le lait ou le beurre, la part des producteurs a également baissé.
Trop de promotions à prix bradés. Le syndicat majoritaire agricole, la FNSEA demande au gouvernement de «mettre fin à cette dégradation continue» et de «faire rentrer la distribution dans une démarche enfin vertueuse». Michel Bloc’h, le président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) fustige les nombreuses promotions à 2euros le kg de viande de porc alors qu’elle tourne autour de 8 € le reste du temps. «Nous préférerions que le prix des promotions soit de 3 à 4euros le kg et que le prix traditionnel avoisine les 6 € le kg». Il réclame aussi l’application de l’accord sur l’origine de la viande avec l’étiquetage «Viande porcine française» (VPF) sur les produits frais.
Chacun se renvoie la balle. Les distributeurs, mettant en avant une étude réalisée par le cabinet Casas et Associés en 2010, soulignent que la marge opérationnelle entre industriels français et distributeurs a augmenté en dix ans au profit des industriels, pour atteindre un écart de près de 10 %.
UFC Que Choisir dénonce les excès. L’UFC Que Choisir, relevant dans le rapport de l’Observatoire des augmentations sur dix ans de 32 % pour l’emmental, de 50 % sur la côte de porc et de 100 % sur le beurre, demande aux industriels et à la distribution de «prélever dans leurs marges injustifiées» des années passées «avant de répercuter toute nouvelle hausse de prix». L’association demande aussi aux parlementaires d’instaurer sans plus attendre «un coefficient multiplicateur liant le prix des produits bruts et peu transformés à celui des matières premières agricoles».
Un encart de Bruno Le Maire (Ministre de l’agriculture) :
L’original de l’article sur : http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/prix-alimentaires-l-agriculteur-reste-le-grand-perdant-28-06-2011-1351435.php
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